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Pancarte antisémite à Metz

Trois mois de prison avec sursis requis.

vendredi 10 septembre 2021

Le 7 août 2021 lors de la manifestation contre le passe sanitaire, une ancienne candidate du Front National brandissait une pancarte manifestement antisémite. Elle était jugée en flagrant délit pour incitation publique à la haine le 8 septembre, le MRAP s’étant constitué partie civile.

La prévenue absente à l’audience, nie tout caractère antisémite à la pancarte ; ses avocats indiquant qu’elle y a seulement inscrit le nom de personnalités ayant un lien avec des mesures sanitaires qu’elle est en droit de contester. Sur l’écriteau manuscrit, on lit pourtant le nom de treize personnalités, la plupart vues comme juives, les autres étant en charge de responsabilités publiques, les mots « traitres » et « Mais Qui ? », la lettre « Q » étant en outre parée de cornes, symboles du diable. Les questions du choix de ces noms, de la signification des cornes resteront de la part de l’auteure de la pancarte ou de ses défenseurs sans réponse.
Les treize parties civiles ont, elles, replacé le message suggéré par cet ensemble dans la longue histoire des représentations antisémites. Maître Lagarde, représentant le MRAP a mis à nu la stratégie des « messages codés » qui anticipant les recours juridiques usent de sous-entendus et de messages sophostiqués compris par les prosélytes. La simple question « mais qui ? » est devenue virale chez les racistes à la suite de l’émission de C News du 21 juin 2021, induisant la réponse très simple « ce sont les juifs ». Auparavant, un dessin intitulé « Présidentielles, qui mène le jeu ? » diffusé par Alain Bonnet dit SORAL a d’ailleurs valu à ce dernier une condamnation judiciaire. Maître Lagarde a donc conclu qu’il ne faisait donc aucun doute que la pancarte brandie dans une manifestation publique visait l’ensemble de la communauté juive à travers toute l’étendue de ses membres et de son histoire et que l’infraction avait donc bien été commise à l’encontre d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. L’aspect intentionnel de l’infraction a également été souligné.
Le ministère public y a vu lui aussi un délit constitué et a requis trois mois de prison avec sursis, la prévenue n’ayant encore jamais été condamnée. Une peine complémentaire de trois ans d’inéligibilité a aussi été demandée.
Le jugement mis en délibéré sera prononcé le 20 octobre prochain.