Comité Moselle-Ouest du Mrap

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Une rue Maurice Audin à Metz.

jeudi 11 juin 2020

Le 11 juin 1957, Maurice Audin assistant de mathématiques à l’université d’Alger, membre du parti communiste algérien et militant de l’indépendance algérienne est arrêté à son domicile. Il décédera peu de temps après. La version officielle de son « évasion », a perduré jusqu’à ce que François Hollande déclare, en juin 2014, « Maurice Audin est mort en détention ».
Le 13 septembre 2018 au cours d’une visite à la veuve et aux enfants de Maurice Audin, Emmanuel Macron reconnait officiellement la responsabilité de l’Etat français et de l’armée française dans cet assassinat. Il aura fallu à sa famille et à ses soutiens dont le MRAP, 61 ans d’action pour obtenir cette reconnaissance.
La déclaration du président de la République a représenté un pas considérable dans l’établissement de la vérité car elle situe le sort de Maurice Audin dans le contexte d’un système mis en place par l’Etat, fondé sur les « pouvoirs spéciaux » votés le 12 mars 1956, autorisant les forces de l’ordre à « arrêter, détenir et interroger tout suspect ». La portée de cette déclaration s’étend donc à ces milliers de victimes, torturées, assassinées, « disparues », algériennes et françaises, de la guerre d’Algérie. Sur elles le travail d’établissement de la vérité doit se poursuivre. C’est particulièrement vrai pour les crimes commis dans la nuit du 23 au 24 juillet 1961 à Metz, dont le bilan officiel de 4 morts et 27 blessés est, selon les témoins de l’époque très en deçà de la réalité.

A l’initiative du Mouvement contre le racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), le centre des droits de l’homme de Moselle (CMDH) a demandé au maire de Metz d’attribuer le nom de Maurice Audin à une rue ou place de la ville. Par une délibération en date du 27 février 2020, le conseil municipal de Metz répond favorablement à cette demande. La rue joignant les rues « de la Folie » et « Louis Bertrand » est dénommée « rue Maurice Audin ».
Le MRAP se félicite de cette décision. Il entend que cette dénomination contribue au rapprochement des peuples algérien et français par la construction d’une mémoire partagée.