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Aziz Abu Sarah et Maoz Inon

La paix est notre avenir,

un voyage de réconciliation en Terre Sainte.

jeudi 10 septembre 2026

Aziz est arabe israélien ; Lorsqu’il a 10 ans son frère décède après un long séjour dans les geôles israéliennes. Maoz est juif israélien ; ses parents sont tués le 7 octobre 2023 par le Hamas. Ensemble, ils veulent construire la Paix par la rencontre, le partage des mémoires.

Ils s’étaient rencontrés une fois, un ami commun les avait présentés l’un à l’autre. C’était au sein de l’association « Le cercle des parents », une association israélo-palestinienne qui accueille celles et ceux qui ont perdu un ou des proches. Lorsqu’il apprend la mort des parents de Maoz, Aziz lui adresse un message de sympathie. Rapidement, il reçoit une réponse : « Je pleure pour mes parents. Mais je pleure aussi pour les enfants de Gaza et tous ceux qui vont mourir dans l’escalade à venir. »

Les deux sont professionnels du tourisme. Maoz a fondé les auberges de jeunesse Abraham, Aziz a voulu Medhi Tours qui propose des voyages accompagnés systématiquement de deux guides, faisant entendre deux mémoires des lieux visités. Mais en 2024, leurs activités se sont effondrées. Ils décident alors d’un voyage de huit jours qu’ils effectuent ensemble sollicitant leurs ami.es aux diverses étapes. Le point de départ, le désert du Néguev où Maoz a vécu enfant, leur permet de se recueillir sur le sort des victimes du 7 octobre puis de se rendre au pied du mur qui enclave Gaza. Les traumatismes sont visibles des deux côtés. Ensuite Jaffa et Tel Aviv, Jérusalem avant de rallier la Cisjordanie et de « prendre en pleine face la violence structurelle que subissent les Palestiniens ». Retour en Israël par Nazareth puis la Galilée.

C’est le récit de ce voyage qui nous est raconté à deux voix qui finissent par se fondre. Car la conviction des deux activistes pacifistes est qu’il faut entendre le récit de l’Autre, ses souffrances rapportées par les mots qu’il choisit pour voir en lui un être humain. Ce parcours, ils l’ont accompli l’un et l’autre, Aziz lorsqu’il se rend à Yad Vashem -un lieu qui n’était pas fait pour lui- et Maoz lorsque parcourant le sentier national, il entrevoit les ruines des villages palestiniens détruits lors de la Nakba.

La ou les solutions politiques sont peu évoquées ; pour les auteurs, le premier enjeu est de pouvoir s’autoriser à rêver vivre tous ensemble en paix, à égalité de droits. Leur propos est d’appeler au dialogue, un dialogue difficile, incommode mais incontournable pour construire la paix. Se parler. Mais pas une négociation entre dirigeants, un dialogue qui intègre les sociétés civiles.

« A l’époque j’étais persuadé de chercher la justice. Il m’a fallu du temps pour comprendre que ce n’était que de la vengeance. »

On ne peut que se réjouir de cette amitié entre le Palestinien et le Juif Israélien quand bien même les réflexions qu’ils nous livrent sont parfois dérangeantes. Mais les pensées qui dérangent le plus sont souvent les plus fécondes, nous souffle Aziz.

La paix est notre avenir, un voyage de réconciliation en Terre Sainte.
Aziz Abu Sarah et Maoz Inon
L’arbre qui marche, mars 2026

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