Mouvement contre le Racisme
et pour l’Amitié entre les Peuples

Comité local de Moselle Ouest, 16 rue Vandernoot, 57000 Metz
07 65 77 56 25 mrap.moselle@wanadoo.fr
Facebook MRAP Moselle Ouest Instagram mrap-metz

Accueil > Le MRAP a lu > La vie occultée de Madame Messali Hadj

Un roman de Mohamed Benchicou

La vie occultée de Madame Messali Hadj

Une française au cœur de l’indépendance algérienne.

mercredi 1er juillet 2026

Emma, clouée dans son fauteuil depuis un AVC sait qu’elle vit les derniers jours de sa vie. En résidence forcée à Niort, son mari Messali Hadj est une fois de plus loin d’elle et de la terre algérienne. Entourée d’Ali et de Djanina leurs enfants, elle se remémore tout ce qu’ils ont partagé.

C’est à Paris, en 1923 que la jeune vendeuse aux Magasins réunis, de son vrai nom Emile Busquant, venue de Lorraine où le travail manque rencontre Messali Hadj ayant quitté Tlencem pour Paris ; lui aussi a fui la misère de son enfance. Emma est immédiatement touchée par ce jeune homme, ayant jusque-là marché pieds nus et qui craint de tomber maintenant qu’il porte des chaussures. Un grand amour nait qui durera jusqu’à la mort et unira cette libre penseuse au musulman pieux.
Emma, surnommée ainsi par Gégène un ami de son père a grandi à Neuves Maisons, ville minière et sidérurgique. Elle vénère son père, mineur et anarcho-syndicaliste qui s’est battu sa vie durant contre la misère promise aux siens. Tout ce qu’elle a appris des luttes ouvrières, de la commune de Paris, -la formulation des revendications, la nécessité de s’organiser, l’idéal républicain- , lui permet d’être aux côtés de Messali Hadj, considéré comme le père du peuple algérien. Il ne suffit pas de demander l’égalité des droits, il faut l’émancipation du peuple, l’indépendance et une république algérienne démocratique.
Voyant les travailleurs algériens agiter le drapeau rouge dans les défilés, elle comprend que la Nation a besoin d’un emblème. Elle conçoit, coud et cache le premier drapeau algérien qui sera adopté par l’assemblée générale de l’étoile nord-africaine en 1934 puis brandi entre Bastille et Nation en juillet 1936 et à Alger en 1937.
Durant les longues périodes de privation de liberté imposées par le pouvoir français à Messali, incarcération, travaux forcés, résidence surveillée y compris loin de l’Algérie, elle devra assurer la vie du parti, et trouver les ressources pour éduquer ses enfants.
Femme, française, épouse d’un dirigeant finalement empêché tout conduisait à ce que son rôle soit occulté. Pourtant lorsqu’elle décède en Algérie le 2 octobre 1953, avant que son cercueil ne soit embarqué pour être, à sa demande enterrée auprès de son père dans sa ville natale, un immense hommage lui est rendu par le peuple algérien. Un jour durant, la population défile devant le catafalque et au moment où son corps est embarqué sur le « ville d’Alger » les dockers arrêtent le travail pendant 10 minutes. A Neuves Maisons, le cortège funéraire est suivi d’au moins 500 personnes (1500 selon la Voix de l’Est) et le tocsin sonne à l’arrivée du cercueil au cimetière. Son compagnon aura dû négocier pour y être présent, sans menottes et accompagné d’un policier en civil.
Le roman de Mohamed Benchicou (Riveneuve 2021) est préfacé par Djanina Messali-Benkelfat, fille de Messali-Hadj et d’Emilie Busquant. Les faits qui y sont rapportés sont réels ainsi que le parcours strictement militant d’Emilie Busquant.
On pourra aussi se reporter au film documentaire de Rabah Zanoun, « Emilie Busquant, une passion algérienne » 2014, 52 minutes.

[(REM) vim: ts=4 ai ]